Immigration - Zapatero défend le choix de l'Europe

02-07-2008

 

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a défendu, dans un entretien publié hier, la directive européenne sur l'immigration clandestine, très critiquée par les pays d'Amérique latine, qu'il considère comme «une avancée progressiste». «Si un dirigeant latino-américain m'interroge, je lui expliquerai et il sera rassuré», car la directive offre aux citoyens latino-américains en situation irrégulière des «garanties» qu'ils n'avaient pas dans certains pays de l'Union européenne (UE), déclare M. Zapatero dans cet entretien accordé au quotidien El País. Très critiquée en Amérique latine, la nouvelle loi européenne sur l'immigration clandestine, adoptée avec le soutien de l'Espagne, prévoit une détention maximale de 18 mois avant l'expulsion, ainsi qu'une interdiction de territoire de cinq ans. «Le pire, c'est le vide juridique», ajoute le chef du gouvernement espagnol, soulignant que, avant l'adoption de la directive européenne, il n'existait «aucune limite de temps» à l'internement des immigrés illégaux en attente d'expulsion dans neuf pays de l'Union européenne. «Si maintenant nous avons une directive qui limite [cette durée], ce sera une avancée dans un sens progressiste», assure-t-il. «J'aurais personnellement préféré que cette limite de temps soit inférieure, qu'il y ait plus de garanties juridiques [...], mais on ne peut pas dire qu'on criminalise l'immigration ou qu'on porte atteinte aux droits de l'homme», plaide M. Zapatero. L'Espagne, qui a absorbé environ quatre millions d'immigrants, majoritairement latino-américains, depuis les années 1990, a récemment annoncé son intention d'augmenter de 40 à 60 jours la durée maximale d'internement des illégaux et de mettre en place un programme de retour volontaire des immigrés dans leurs pays. Le Groupe de Rio, qui rassemble 21 pays d'Amérique latine et des Caraïbes, s'est dit mercredi «préoccupé» par la directive européenne sur la lutte contre l'immigration clandestine. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, l'a jugée mardi «xénophobe» et son homologue vénézuélien, Hugo Chávez, a menacé de suspendre ses livraisons de pétrole en Europe.

 


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